Salut Jean Guidoni et encore merci !
Aujourd’hui 2 décembre 2025 à 13h30, les funérailles de Jean Guidoni seront célébrées au Père-Lachaise. La nouvelle de sa mort brutale est tombée le 21 novembre. Ce fut comme une étoile qui scintillait au milieu des feuilles mortes. Il n’avait que 74 ans et une carrière lumineuse qui se poursuivait avec « Eldorado(s) », son dernier album.
Ciao l’artiste !
« Horizontalement le sablier ne sert à rien/ C’est renversant. (…) J’attendrais bien un millénaire de plus », chantait Jean Guidoni dans « Paris-Milan », titre de la chanson et de l’album sorti en 2014. Onze ans plus tard, le sablier s’est écroulé alors que l’artiste chantait son « Eldorado », un titre de l’album sorti au printemps qu’on découvrit alors. « Si vous m’aviez connu/ Cabaret d’avant-guerre/ Berlin se jouait des peurs et des murs invisibles (…)/ Mon piano à paillettes repoussait l’impossible ». L’artiste y évoquait toujours les cabarets, les bas-fonds, les cabossés de la vie et cette fois, même son marin de papa. « Il est temps de prendre le large/ De dénouer les cordages/ Pour ce grand départ ultime. » Né en 1951 à Toulon, élevé sur Marseille, il racontait son parcours étonnant fait de rencontres et de bifurcations, de spectacles audacieux et de belles salles dans une série d’ « A Voix Nue » sur France Culture notamment.
Que du beau monde !
Guidoni a toujours été bien entouré tant côté paroles que côté musique : Michel Legrand, Marie-Paule Belle, Astor Piazzolla, Fassbinder, Zola, Bashung, Juliette, Prévert, Kurt Weill, William Sheller… Les vivants côtoyant les morts, tous les arts réunis, Jean Guidoni pouvait se déployer en usant de tous les strass. Que de pépites n’a-t-il chantées ! « Nana », « Djemila », « Tout va bien », « Le Bon Berger », « Étranges étrangers », « Légendes urbaines », « Chut »…
Et elles sont encore nombreuses dans « Eldorado(s ) », son dix-septième et dernier opus dont les paroles et la musique sont signées par l’artiste, Arnaud Bousquet et Romain Didier.
« A quoi ça sert de torturer les marguerites ?/ Je l’sais déjà/ Je m’aime pas beaucoup, même pas un peu (…) Tout ce que je mérite/ C’est que maintenant, je m’évite ». Le papier est froid, manquent la voix et la musique mais « Je m’évite » est une perle. Tout comme « Mytho » qui nous raconte les délires de Paulo, le saint du Balto de la rue Jaurès qui n’arrête jamais sa kermesse… Quant au salut à son chien disparu – « Ton silence » -, il résonne sacrément aujourd'hui. « On s’quitte vraiment/ (…) Et dans un mois/ C’est tes cendres que je chialerai mes jours pluvieux ». Et si la mort, après tout, « c’était juste changer de costume ? »
Pour le voir en novembre 1983 sur "Antenne 2 Midi", c'est sur l'INA
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